Les experts en traitements parasitaires des bois et des toitures
Sommaire
Partager l'article
Tête de termites

Produit anti termite : jusqu’où peut-on traiter soi-même ?

Un particulier peut acheter et appliquer un produit anti termite de traitement de surface vendu au grand public. Les produits réservés aux professionnels lui sont fermés : leur achat comme leur usage supposent un certificat Certibiocide individuel. Et aucun produit passé sur du bois visible n’atteint la colonie, qui vit dans le sol.

La question revient à la fin de l’hiver et au printemps, quand les adultes essaiment. Quelques ailés sur un appui de fenêtre, et l’envie de régler ça seul suit. Elle est légitime. Elle bute sur deux obstacles, l’un réglementaire, l’autre biologique, et le second pèse bien plus lourd.

Quels produits anti termites peut-on acheter sans être professionnel ?

La ligne de partage passe par l’autorisation de mise sur le marché, pas par le rayon du magasin. Chaque produit biocide autorisé porte une catégorie d’utilisateurs : grand public, professionnel, ou les deux. En France, ces autorisations sont délivrées par l’Anses, dans le cadre du règlement européen. Un produit destiné exclusivement aux professionnels relève du dispositif Certibiocide.

Deux familles concernent les termites : les produits de protection du bois, type 8, et les insecticides, type 18. Une entreprise qui traite une charpente puis pose une barrière dans le sol emploie les deux. Le contrôle se joue à la caisse. L’article 12 de l’arrêté du 9 octobre 2013 impose au distributeur un registre de vente à jour mentionnant les produits, les quantités et le numéro de certificat de l’acquéreur. Les dispenses prévues par l’article 3 du même arrêté visent des secteurs précis, agroalimentaire, sécurité civile, professions de santé et vétérinaires. Un particulier n’en relève d’aucune. Ce qu’un applicateur emporte sur un chantier ne se trouve donc nulle part en libre-service.

Reste ce qui est ouvert au public : des traitements de surface, au pinceau ou au pulvérisateur, sur du bois accessible et sec. Ils
protègent ce qu’ils imprègnent, sur quelques millimètres.

Une entreprise peut-elle être "certifiée certibiocide" ?

Non, et la formule circule pourtant partout. La notice explicative du ministère de la Transition écologique ne laisse aucune marge : le certibiocide est délivré à une personne physique, et non à une personne morale, donc jamais à une entreprise. L’arrêté ne prévoit ni certification ni agrément d’entreprise, mais une obligation de déclaration annuelle, à faire avant le 31 mars sur l’application du ministère, avec le SIRET de la société et les numéros de certibiocide de ses intervenants.

Le certificat s’obtient après une formation encadrée, vingt et une heures pour le certibiocide « nuisibles », sept heures pour le certibiocide « autres produits », validée par un test de trente questions dont vingt doivent être justes. Il vaut cinq ans. Détail qui compte pour le bois : le titulaire du certibiocide « nuisibles » n’a pas besoin du certibiocide « autres produits » pour acheter et employer des produits de type 8. Un salarié qui vient d’être embauché dispose de six mois pour obtenir le sien, accompagné d’un titulaire pendant ce délai, cette tolérance restant plafonnée à un dixième de l’effectif concerné de l’établissement.

La bonne question change donc de forme. Non pas « êtes-vous certifiés ? », mais « qui intervient chez moi, et quel certificat détient-il ? ». Le dispositif s’applique depuis le 1er juillet 2015, refondu par l’arrêté du 23 janvier 2023, puis ajusté en décembre 2024 et en septembre 2025.

dscf6265

Pourquoi le bois traité au pinceau ne fait-il pas reculer une colonie ?

L’argument est technique, et c’est le plus solide. Les termites souterrains du genre Reticulitermes forment, selon l’Observatoire national termite du FCBA, des colonies diffuses dans le sol. Aucun nid compact à détruire. Les reproducteurs et leur couvain peuvent s’installer directement dans le support qui leur sert de nourriture, et plusieurs sites de nourrissage sont exploités en parallèle, bûcher, souche, clôture, maison, reliés par un réseau de galeries. Le bois visible n’est qu’un point d’alimentation parmi d’autres.

Un produit de surface tue les ouvriers qu’il touche. Les cordonnets s’arrêtent, l’activité cesse, tout paraît réglé pendant quelques semaines. La colonie contourne : elle repart par une autre voie, dans une cloison ou sous une chape. L’attaque n’a pas été traitée, elle a été déplacée. Et les indices qui permettaient de la suivre ont disparu.

Les deux méthodes qui atteignent le problème sortent du champ du bricolage. Les barrières insecticides couvrent un spectre large mais n’éliminent pas la colonie, qui continue de prospecter aux alentours du bâti. Les pièges-appâts visent au contraire l’élimination de la colonie qui s’attaque à la construction. Le FCBA le formule sans détour : ces techniques sont complexes à mettre en œuvre et demandent le savoir-faire d’entreprises spécialisées. Notre page sur le traitement des termites détaille les deux

pièce de bois fendue montrant les galeries tapissées de terre et l’aspect feuilleté caractéristique.

Que peut vraiment faire un particulier, sans aucun produit ?

La liste est plus longue qu’on ne le croit. Rien de ce qui suit ne demande le moindre biocide.

  • Repérer, dater, mesurer. Photographier chaque indice, noter la pièce et la hauteur, marquer au crayon l’extrémité d’un cordonnet avec la date à côté, revenir un mois plus tard. Nos repères sur les signes de présence de termites servent de grille de lecture. Cette mesure, vous seul pouvez la produire.
  • Dégager les abords. Bûcher plaqué contre un mur, souche laissée en terre, planches à même le sol, coffrages oubliés : autant de sites de nourrissage à quelques mètres de la maison.
  • Retirer le bois mort au contact du sol. Le geste le plus efficace de la liste.
  • Couper l’eau. Une colonie a besoin d’humidité pour se développer. Gouttière bouchée, fuite sous un évier, terre remontée contre un bas de mur, combles humides : chaque source supprimée rend le bâti moins accueillant.
  • Rétablir la ventilation du vide sanitaire. Grilles envahies par la végétation, ventouses bouchées lors d’un ravalement. Un vide sanitaire qui respire assèche le sol sous le plancher et prive les termites de la ressource dont dépend leur progression dans la structure. La même logique vaut par le haut, où un extracteur d’air solaire évacue l’air chaud et humide des combles sans raccordement électrique.
  • Déclarer en mairie. L’article L. 126-4 du code de la construction et de l’habitation met cette déclaration à la charge de l’occupant de l’immeuble contaminé, et à défaut, du propriétaire. En copropriété, les parties communes relèvent du syndicat des copropriétaires.
  • Préparer la visite. Année de construction, traitements antérieurs, accès au vide sanitaire. Un traitement préventif du bois déjà réalisé change la lecture du chantier.

Particulier ou professionnel : qui fait quoi ?

La ligne de partage est simple. D’un côté ce qui touche au bâti et aux obligations du propriétaire, de l’autre ce qui suppose un produit réservé, un diagnostic de structure ou un engagement contractuel.

ACTION À QUI ELLE REVIENT LE CRITÈRE QUI TRANCHE
Déclarer la présence en mairie Particulier Obligation légale de l’occupant, à défaut du propriétaire
Supprimer les fuites, rouvrir les grilles du vide sanitaire Particulier Action sur le bâti, pas sur l’insecte
Appliquer un traitement de surface vendu au grand public Particulier Catégorie d’utilisateurs inscrite dans l’autorisation de mise sur le marché
Sonder la charpente et déposer les bois attaqués Professionnel Diagnostic structurel et sécurité des personnes
Acheter et employer un biocide réservé aux professionnels Professionnel Certificat individuel, enregistré au registre de vente du distributeur
Injecter les maçonneries, poser une barrière dans le sol Professionnel Produit professionnel et mise en œuvre normalisée
Poser et relever des pièges-appâts visant la colonie Professionnel Suivi dans la durée, relevé après relevé
Délivrer une attestation de traitement opposable Professionnel Seul un contrat d’entreprise ouvre une garantie
Grille de ventilation de vide sanitaire obstruée par la végétation en pied de mur.

Que couvre un traitement fait soi-même en cas de vente ou de sinistre ?

Rien, et beaucoup de propriétaires le découvrent tard. Confier les travaux à une entreprise fait entrer l’intervention dans un cadre de responsabilité : lorsque des désordres compromettent la solidité de l’ouvrage, le constructeur en répond de plein droit au titre de l’article 1792 du code civil, et l’entreprise doit être couverte pour cette responsabilité décennale au titre de l’article L. 241-1 du code des assurances. Un chantier mené seul un dimanche n’ouvre aucun de ces droits. Aucun recours.

À la vente, l’acquéreur, le notaire et l’assureur ne regardent pas les bidons du garage. Ils regardent des documents, l’état relatif à la présence de termites et, quand il existe, le procès-verbal de l’entreprise. Un bien traité sans trace écrite reste un bien non traité, avec une attaque masquée en prime.

Ce qui se perd ici se mesure en temps. Pendant que la surface paraît saine, la colonie consomme d’abord les cernes tendres du bois de printemps et laisse les cernes plus durs du bois d’été, ce qui donne à la pièce cet aspect feuilleté sous une apparence intacte, jusqu’au jour où une pression suffit à la faire céder. Sur une charpente, cette période silencieuse sépare un traitement d’une reprise de structure. En Gironde comme ailleurs sur le littoral, nos techniciens ouvrent des bois traités deux ans plus tôt par leur propriétaire.

Sondage au poinçon d’une panne de charpente révélant le bois évidé par les termites

Questions fréquentes

Oui, pour ce qu’il sait faire : protéger la surface du bois qu’il pénètre. Face à une colonie installée, il agit sur les individus présents dans la pièce traitée, pas sur le foyer.

Pas pour appliquer un produit dont l’autorisation de mise sur le marché vise le grand public. Le certibiocide encadre les produits réservés aux professionnels et concerne l’utilisateur professionnel, le distributeur et l’acquéreur.

Oui. L’article L. 126-4 du code de la construction et de l’habitation impose la déclaration à l’occupant, ou au propriétaire à défaut, et au syndicat des copropriétaires pour les parties communes. Dans les secteurs délimités par le conseil municipal, le maire peut ensuite enjoindre au propriétaire de procéder dans les six mois à la recherche de termites et aux travaux nécessaires, au titre de l’article L. 126-6.

Les produits à base de bore sont des biocides de protection du bois, et certains sont accessibles au public. Ils protègent la profondeur qu’ils atteignent, faible sur du bois massif, et laissent la colonie intacte. L’huile de lin n’est pas un insecticide.

Demandez le nom de l’intervenant et son numéro de certificat individuel, pas une mention d’entreprise. Réclamez aussi l’attestation d’assurance en cours de validité. Nos repères pour vendre en zone termites listent les documents à demander.

Indirectement. Un bois qui reste humide se dégrade plus vite et devient plus accueillant, comme l’explique notre article sur le capricorne des maisonshttps://www.francetermitescapricornes.com/maison-ancienne-insectes/.

Faire regarder avant de traiter

Une visite sur place tranche ce qu’aucun produit ne dira : d’où vient la colonie, jusqu’où elle est montée, ce qui reste sain.

Le diagnostic est gratuit et sans engagement. FTC intervient dans le Sud-Ouest, de La Rochelle à Pau.

Sources

Obtenez un rendez-vous avec un spécialiste FTC
Demandez votre diagnostic gratuit et sans engagement !

Vos coordonnées :

Votre projet :

Infos, conseils, budget. Vous avez des questions ? Nous avons les réponses.

Un spécialiste vous rappelle sous 24h

Parlez à un expert en moins de 24 heures (hors week-end). Demandez votre rappel gratuit dès maintenant.